
- Grand-Duc
Ordre : Strigiformes Famille : Strigidés Biométrie : Taille : 60 à 75 cm Envergure : 160 à 188 cm Poids : Femelle : 2300 à 3000 g ; Mâle : 1500 à 2000 g Longévité : 21 ans
Régime : Le grand-duc d’Europe se nourrit de tout ce qui bouge, depuis les scarabées jusqu’aux renards. La majeure partie de leur régime consiste en mammifères (campagnols, rats, souris, renards, lièvres), mais aussi des oiseaux de toutes sortes. Ils peuvent aussi consommer des serpents, lézards, batraciens, poissons.
Représentativité régionale et nationale
Nos recherches montrent que pour l’instant, dans la région Nord – Pas-de-calais, le Grand-duc ne niche avec certitude qu’en Avesnois, dans les carrières. Le nombre de sites de nidification a varié de 6 à 7 dans la période d’étude (2008- 2010). De 2008 à 2010, le nombre de jeunes produits a varié de 16 à 22, la meilleure année étant 2010. La part des 2 carrières par rapport à la population régionale est donc en moyenne de 30 % pour les adultes et de 32% pour les jeunes.
Au niveau national, la population comptait environ 1600 couples en 2005 (Cochet, 2006). Nos 2 sites ne représentent que 0,13%. Néanmoins, il convient d’indiquer que la population régionale est intimement liée à celle de la Wallonie, du Luxembourg, de l’Ardenne française et du Nord-Ouest de l’Allemagne. Cette population compte environ 200 couples. Les deux carrières de la zone d’étude représentent 1 % de cette population : c’est très peu !
Effectifs et régularité sur la zone d’étude
Les adultes se retrouvent seuls à partir d’octobre (au plus tard). Dès lors, chaque site n’abrite plus que 2 adultes.
Les poussins naissent vers le milieu du mois de mars voire début avril. Les nichées constatées ont varié de 2 à 3 à Wallers en Fagne (série : 3, 3, 2, 2, 2) et de 3 à 4 à Glageon (série 4, 3, 3).
Phénologie et biologie de l’espèce sur les sites - Cycle biologique
Période 1 : Le repos hivernal (novembre-janvier). Période 2 : Le réveil prénuptial (mi janvier-mi février). Période 3 : La cour nuptiale (mi février-mi mars). Période 4 : La ponte (à partir de mi mars) et l’élevage des jeunes à l’aire (jusque mi mai). Période 5 : Les jeunes, encore nourris par les parents, quittent l’aire (mi mai-mi août). Période 7 : Emancipation forcée. (à partir de mi août jusque fin octobre)
Historique et suivi dans l’Avesnois
Le Grand-duc d’Europe était présent dans notre région jusqu’au début du Moyen-âge puis a disparu. Les causes de sa disparition sont essentiellement la persécution de l’espèce. Le retour : Les premiers contacts sont notés à la fin des années 90 sur Wallers en Fagne mais nous pensons que des individus erratiques étaient présents sur la zone d’étude vers la fin des années 80. Cette recolonisation s’est faite grâce à la dispersion des nombreux jeunes nés dans les carrières Wallonnes à la suite de la réintroduction de l’espèce en Allemagne.
On observe les premiers chanteurs en 1998 à Wallers-en-Fagne, en 2000 à Glageon. La première reproduction avec deux jeunes en 2004 à Wallers-en-Fagne, en 2007, à Glageon. Aubépine a réalisé en 2008 une étude pour le PNRA afin de connaître le niveau de recolonisation sur les carrières situées dans le Parc naturel. En 2009-2010 est lancée le suivi pour le DOCOB de la ZPS. Dans ce cadre, Aubépine et le PNRA ont mis en place avec les carriers (CCM Wallers et SAS Bocahut Glageon) des relations de confiance et de sensibilisation indispensables au suivi de l’espèce.
Dans le secteur les autres carrières sont fréquentes au Nord et à l’Est, plus disséminées à l’Ouest, absentes au Sud (bassin parisien). Les plus proches se trouvent à 14 km (Ouest-Nord-Ouest), 22 km (Nord-Ouest), 20 km (Nord-Nord-Est), 22 km (Est). Toutes ces carrières accueillent le Grand-duc nicheur.
Méthodologie
L’effort de recherche sur le Grand-duc en Avesnois a été effectué de façon intensive par les membres de l’association Aubépine depuis 2004. Wallers et Glageon totalisent chacune plus de 100 visites. L’affiliation au réseau Grand-duc national (LPO) et notamment la collaboration avec Christian Riols pour l’analyse des pelotes ont été précieuses. L’association Aubépine dispose d’une base de données complète sur la présence du Grand-duc sur la zone d’étude et aux environs, notamment sous la forme de fiches de visite détaillées et d’une banque de photos.
Statut biologique sur le site
Actuellement, le Grand-duc se reproduit dans les carrières de Wallers en Fagne et de Glageon. Les premiers cas avérés de nidification remontent à 2004 pour Wallers en Fagne et à 2008 pour Glageon.
Ces sites ont très probablement dû être utilisés encore plus tôt, par de jeunes oiseaux en dispersion provenant de Wallonie (Belgique). En hiver, les nicheurs occupent des zones proches des carrières. Ils recherchent des grands arbres « sombres » : résineux, vieux lierres touffus sur peupliers. A Wallers en Fagne, les arbres refuges sont des résineux. A Glageon, les zones utilisées n’ont pas encore été déterminées avec certitude.
Les milieux de nidification : les carrières
Il s’agit de carrières en activité dont les caractéristiques sont les
suivantes :
la superficie des zones comprenant des falaises varie de 50 à 100 ha ;
les parois rocheuses verticales à subverticales mesurent de 15 à 75 m
de hauteur et sont principalement étagées en gradins.
Les carrières de Wallers en Fagne et de Glageon sont situées en
environnement bocager et rural. Autour des zones d’exploitation on
trouve, par ordre d’importance, des pâturages, souvent en fond de
vallée, des rivières et des ruisseaux, des cultures sur le plateau, des bois,
des fermes isolées et des villages (respectivement 200 et 1900 habitants).
Les premières maisons sont très proches des carrières qui sont
cependant efficacement clôturées et d’accès strictement interdit.
Les aires sont en situations classiques : sur une vire et abritée
derrière un arbuste ou sur une vire et abritée sous un rocher.
(Un couple dispose de plusieurs aires et en change
régulièrement)
D’après les analyses de pelotes disponibles (voir tableau) et les plumées trouvées sur site, en période de nourrissage, les proies sont capturées dans un rayon de 5 km autour des carrières. En conclusion, les habitats utilisés par les Grand-duc de Glageon et de Wallers en Fagne sont classiques de l’espèce pour l’Ouest de l’Europe.

- Résultats des analyses de pelotes
- Le Grand-duc régule notablement les populations de Rat surmulot, de Pigeon de "clocher", de Lapin de Garenne connues pour leurs impacts négatifs dans l’agriculture et les activités humaines.
Mesures favorables à la conservation de l’espèce sur les sites
A court terme :
Dans les carrières :
Il faut un suivi, le plus attentif possible en période
prénuptiale, et au début de la période nuptiale,
pour déterminer les impacts éventuels des travaux
prévus sur la nidification.
Une concertation permanente avec l’exploitant est
indispensable pour éviter la destruction de l’aire.
Engager la discussion avec les parties intéressées
(exploitants, PNRA, associations) sur la façon de
gérer la végétation des nouveaux merlons.
Autour des carrières :
Problème des refuges hivernaux : à Wallers, veiller au
maintien des arbres qui accueillent les adultes en hiver :
conserver le bosquet de résineux à l’Ouest dans la carrière ;
engager des discussions avec les propriétaires des
plantations de pins des monts de Baives pour s’assurer du
maintien d’un nombre significatifs d’arbres au moins sur la
lisière Sud. A Wallers et à Glageon, mener une étude sur la
faisabilité de la création rapide voire immédiate de petits
bosquets de résineux ou d’arbres à croissance rapide
pouvant se couvrir de lierre afin de disposer de zones de
refuge hivernal, dans une perspective de 15 à 30 ans.
Problème des éoliennes : Poursuivre la discussion avec
WindVision pour trouver une solution raisonnable au
positionnement des éoliennes les plus proches de la carrière
de Wallers en Fagne.
A moyen terme :
Dans les carrières :
Engager la discussion entre les différentes parties
(carriers et administration) sur le maintien de certaines
parois favorables à la nidification du Grand-duc dans la
perspective de définir un plan de remise en état de fin
d’exploitation qui tienne compte de la présence du Grandduc.
Autour des carrières :
Conserver des paysages agricoles favorables aux proies
principales du Grand-duc, notamment dans sa période
d’apprentissage de la chasse. Les milieux à privilégier sont :
les herbages entourés de haies larges, les friches, les vergers,
les zones humides surtout en milieux herbacés.
En cas d’exploitation des bosquets de résineux actuels,
renouveler les plantations avec les mêmes essences à Baives
et remplacer les Epicéas par des Pins dans la carrière de
Wallers.
A long terme :
Engager les discussions pour élaborer un plan de
remise en état de fin d’exploitation qui garantisse
une utilisation des milieux par le Grand-duc.







